AL HOCEIMA PLAGE

La perle de la méditerranée

Un peu d'histoire...

L’existence d’Al Hoceima remonte à la première moitié du 9eme siècle. Au 17eme siècle, les Français tentèrent, sans succès, d’y installer un comptoir. Pour des raisons militaires, on commence seulement à parler d’Al Hoceima en 1920. Al Hoceima est une déclinaison du mot Al Khouzama (lavande), plante odorante abondante dans la région

AL HOCEIMA ne fut fondée qu'en 1920. Avant son occupation par l'Espagne, la zone d'AL HOCEIMA était connue sous le nom de "TAGHZOUT", qui signifie terres agricoles fertiles.

En 1926 le roi d'Espagne ALPHONSE XIII, lors d'une visite qu'il a effectuée dans la région, lui a donné le nom de "VILLA SANJURJO" à la mémoire du général espagnol Sanjurjo, qui a occupé cette région. Elle conserva cette appellation jusqu'à 1936, date à laquelle on lui a substitué le nom "AL HUCEIMAS" qui dérive du nom "AL KHOZAMA" (La Lavande) une plante très répandue dans les environs de l'îlot NECKOR. A l’indépendance le nom de la ville devient AL HOCEIMA.

L'histoire du port

L’histoire de la ville de AL Hoceima est étroitement liée à l’histoire de son port car c’est ce port qui va déterminer l’essor de la ville.On ne peut aujourd’hui dissocier l’histoire de la ville sans parler de son port.

debarcader al hoceima Débarcadère sommaire dans la baie d’Al Hoceima (plage Quemado) en 1925
al hoceima en 1927 Al Hoceima en 1927

C'est sur la baie d'Al hoceima (Alhucemas) que fut décidée la création d'un port en 1928. Trois îlots rocheux ferment cette anse dans le Sud, mais n'empêchent cependant pas la houle d'Est d'y pénétrer. Un môle partant de la côte Nord de la baie et orienté vers le Sud-Est fut édifié à partir de 1929 pour abriter le mouillage. Les terre-pleins le long des falaises de la partie Nord de l'anse furent achevés en 1930. Les quais correspondant présentent des profondeurs de plus de 8 mètres sur 300 mètres de longueur. La distance assez faible qui sépare les îlots des quais ne permet pas à un bâtiment de plus de 100 m de long d'évoluer commodément dans le port.

Les premiers travaux du port et de la ville d’Al Hoceima Les premiers travaux du port et de la ville d’Al Hoceima
Plan du port d’Al Hoceima (Villa Sanjurjo) en 1930 Plan du port d’Al Hoceima (Villa Sanjurjo) en 1930

Le port fut ouvert officiellement au commerce en 1931. Le courrier hebdomadaire de Ceuta à Melillia faisait escale à Al Hoceima (Villa Sanjurjo), ainsi que les vapeurs de la Compagnie Paquet, de la Bland Line (anglais) et de l'Oldenburg Linie (allemands). En 1931 on enregistra 35 000 tonnes de marchandises.

Port et  ville d’Al Hoceima en 1947 Port et ville d’Al Hoceima en 1947

A partir de 1956, le cabotage de carburant (8000 tonnes par an) et de ciment de Tétouan (30 000 tonnes par an), devinrent sa principale activité pour les produits débarqués. L’actuel port a été construit en 1947.

Port d’Al Hoceima en 1963 Port d’Al Hoceima en 1963

Le versant méditerranéen du Rif plonge rapidement vers la mer. La côte est découpée et rocheuse. Elle offre aussi des baies abritées comme celle d’Al Hoceima.Le môle de pêche fut construit en 1968, et la halle aux poissons l'année suivante. Le trafic des marchandises embarquées, anchois salés et liège, était quasiment nul (100 tonnes par an). Les insuffisances en liaisons terrestres entre Al Hoceima et les autres grandes villes, notamment Fès, étaient l'une des causes du peu d'intérêt suscité par ce port en tant lieu d'embarquement de marchandises. Le port se consacre, aujourd’hui essentiellement à l’activité de la pêche. Depuis 1997 la jetée principale fit l'objet d'un prolongement de 550 ml pour un coût estimé à 50 millions de dirhams. Pour les futurs projets d'extension du port il faudrait prendre soin de ne pas empiéter sur la plage touristique, Quemado (littéralement incendie, en souvenir d'un fait d'armes), attenante au port.

Le port d'Al Hoceima en 1973 Le port d'Al Hoceima en 1973
Al Hoceima en 1990 Al Hoceima en 1990
Port d’Al Hoceima en 2000 Port d’Al Hoceima en 2000

En plus du port de pêche, la ville d’Al Hoceima lance en 2003 la création d’une gare maritime pour le transport de voyageur vers l’Europe et plus précisément le port d’Almeria. Ce chantier prendra fin et sera inauguré par le roi Mohamed VI en personne le 23 juillet 2007.

Vue satellite du Port et de la gare maritime d’Al Hoceima en 2011 Vue satellite du Port et de la gare maritime d’Al Hoceima en 2011
plage et port d’Al Hoceima en 2011 Plage et port d’Al Hoceima en 2011
Port et gare maritime d’Al Hoceima en 2011 Port et gare maritime d’Al Hoceima en 2011

La guerre du rif

En 1921, la tribu berbère des Beni Ouriaghel de la région d'Al-Hoceïma, sous la conduite d'Abdelkrim al-Khattabi, se soulève contre les Espagnols. Le général Manuel Fernández Silvestre dispose alors d'une puissante armée forte d'environ 60000 soldats pour réprimer cette révolte. En juin la presque totalité de cette armée espagnole est anéantie à la bataille d'Anoual. Cette défaite pousse le général à se suicider.

En février 1922, Abdelkrim al-Khattabi proclame la République confédérée des Tribus du Rif. Les Rifains espèrent alors rallier les tribus de la zone française. Le gouvernement d'Ajdir bénéficie au niveau international du soutien symbolique du Komintern et de la neutralité bienveillante du Royaume-Uni. Le prestige d'Abdelkrim est célébré du Maghreb jusqu'au Machrek et en Turquie, où l'opinion le compare à Mustafa Kemal Ataturk66. Il sera également cité comme référence par les plus célèbres leaders révolutionnaires et contestataires du XXe siècle, tels que Mao Zedong, Ho Chi Minh et Che Guevara67.

Les troupes d'Abdelkrim, équipées du matériel abandonné des Espagnols, menacent dès lors directement Fès, cœur spirituel du Maroc sous domination française. Face à leur avancée, la puissance coloniale française envoie le maréchal Philippe Pétain, rendu célèbre par la bataille de Verdun, mener l'offensive militaire sur le Rif à la tête de 250 000 soldats et auxiliaires et d'une quarantaine d'escadrilles d'aviation. Le résident général Lyautey, jugé trop attentiste, est contraint de démissionner puis est rappelé à Paris en 1925. S'ensuit une répression sur les Rifains, où bombardements terrestres et aériens, usage d'armes chimiques de fabrication allemande (y compris sur des populations civiles) et supériorité numérique obligent les troupes d'Abdelkrim à se rendre en mai 1926.

Abd el-Krim est exilé dans un premier temps à La Réunion jusqu'en 1948 et puis en Égypte, où il prend la tête du Comité de Libération du Maghreb, et où se retrouvent également Allal El Fassi, Messali Hadj et Habib Bourguiba, et ce jusqu'à son décès en 1963. Cette reddition marque la fin de l'expérience rifaine. Cependant la résistance politique née des jeunes Marocains éduqués de l'élite citadine ne fait que prendre son ampleur dès ce moment avec la création du Comité d'action marocain, ancêtre de l'Istiqlal. Cette action politique prendra de l'ampleur et se poursuivra qu'à la proclamation de l'indépendance du Maroc le 2 mars 1956.

Abdelkrim El Khattabi Portrait Abdelkrim El Khattabi